Florence Parly,
Ministère des armées •
16 janv. 2018La préservation d'un modèle d'armée complet et équilibré est effectivement indispensable pour assurer à la France son indépendance nationale, son autonomie stratégique, sa liberté d'action et pour lui permettre de faire face à la totalité des menaces auxquelles elle est confrontée. Ce modèle doit disposer de l'ensemble des aptitudes et des capacités nécessaires pour atteindre les effets militaires recherchés dans un contexte opérationnel toujours plus exigeant. A cet égard, les armées doivent pouvoir être engagées, parfois dans des délais très contraints, sur l'ensemble du spectre de la menace et de la conflictualité. Elles doivent ainsi être capables, simultanément, d'assurer les postures permanentes de dissuasion, de sûreté et de protection du territoire national, de conduire des opérations de gestion de crise et de participer à des opérations caractérisées par un niveau d'intensité élevé dans tous les milieux. Dynamique et s'adaptant à l'évolution de la conflictualité, ce modèle traduit notre ambition et notre savoir-faire militaire. Il apporte en outre une légitimité supplémentaire pour générer des partenariats et conforter notre rôle de nation-cadre, en particulier pour ce qui relève des aptitudes militaires à haute valeur ajoutée détenues par quelques rares puissances. La revue stratégique de défense et de sécurité nationale définit ainsi le besoin d'un outil de défense agile, projetable et résilient, dont la mission primordiale demeurera d'assurer la protection des Français et du territoire national, en métropole comme dans les départements, régions et collectivités d'outre-mer (DROM-COM). C'est la nature même du lien fondamental qui unit la République à ses armées. Dans ce contexte, les forces de souveraineté stationnées dans les DROM-COM concourent d'ores et déjà à la protection des Français et des espaces de l'outre-mer, mais également à celle des Français établis à l'étranger (aptitude à conduire d'éventuelles évacuations de ressortissants). Elles participent au soutien de l'action de l'État en mer, prennent part à des exercices militaires interalliés et sont des acteurs importants de la coopération entretenue avec les pays proches de leur zone de responsabilité. Elles mettent en œuvre un ensemble cohérent de capacités interarmées capable d'apporter une première réponse aux principales menaces et aux scénarios de crise ou de catastrophe d'origine naturelle. S'il apparaît légitime de vouloir augmenter la présence des armées et les moyens dont elles disposent dans les DROM-COM afin, notamment, de renforcer la protection et la surveillance de nos zones économiques exclusives ultramarines, il peut être observé que des résultats tangibles ont déjà été obtenus en la matière. Ainsi, le développement du recours aux satellites dans le domaine de la surveillance maritime permet aujourd'hui de mieux cibler l'emploi des moyens d'action dans les vastes espaces sur lesquels la France exerce sa souveraineté. Afin d'harmoniser les besoins et de rationaliser davantage les pratiques des administrations françaises concourant à l'action de l'État en mer dans le domaine de l'emploi des satellites pour la surveillance maritime, l'état-major de la marine a fait réaliser, sur mandat du secrétaire général de la mer auprès du Premier ministre, un démonstrateur dénommé « Trimaran ». Ce démonstrateur prend la forme d'un guichet unique permettant d'accéder à des informations provenant d'un catalogue évolutif de satellites commerciaux. Au terme d'une phase d'expérimentation conduite en divers points du globe, il a été décidé de pérenniser ce dispositif et de l'étendre à l'ensemble des zones maritimes. Le renouvellement des moyens de la marine nationale stationnés outre-mer est d'ores et déjà lancé. Ainsi, le 4ème bâtiment multi-missions (B2M) et un patrouilleur léger guyanais (PLG) seront déployés aux Antilles en 2019. Le renouvellement des autres patrouilleurs positionnés outre-mer sera pris en compte pour sa part dans le cadre de la prochaine loi de programmation militaire (LPM). Enfin, la nécessité de renforcer la surveillance maritime dans les DROM-COM a été soulignée dans la revue stratégique de défense et de sécurité nationale. Les travaux visant à traduire les conclusions de cette revue stratégique en termes budgétaires et capacitaires dans la future LPM sont en cours.