Christophe Castaner,
Ministère de l'intérieur •
19 mai 2020Conformément aux orientations du comité interministériel de la sécurité routière du 2 octobre 2015, la liste des infractions pouvant être constatées sans interception en bord de route, par l'intermédiaire de la vidéo-verbalisation ou par les radars homologués a progressivement été étendue et celle-ci comprend, depuis le 31 décembre 2016, « l'absence du port de la ceinture de sécurité ». L'usage de ces dispositifs permet ainsi d'intensifier la lutte contre les comportements dangereux et d'influencer durablement le comportement des usagers de la route en les incitant au respect strict des règles du code de la route. La règle générale d'obligation du port de la ceinture de sécurité dans les véhicules qui en sont équipés, comporte cependant un certain nombre d'exceptions listées à l'article R. 412-1 du code de la route, dont la première concerne toute personne « dont la morphologie est manifestement inadaptée au port de celle-ci » et la seconde « toute personne munie d'un certificat médical d'exemption, délivré par un médecin agréé ». En cas de constatation sans interception de l'infraction de non-port de la ceinture, le conducteur ou le titulaire du certificat d'immatriculation du véhicule pourra contester la constatation effectuée, en formulant une requête en exonération ou une réclamation auprès de l'officier du ministère public en apportant les éléments de nature à justifier de leur dérogation au port de la ceinture de sécurité. Cette contestation est par ailleurs simplifiée puisqu'elle peut être réalisée de façon intégralement dématérialisée sur le site de l'agence nationale de traitement automatisé des infractions. Enfin, il convient de rappeler que le port de la ceinture de sécurité constitue un enjeu majeur de sécurité routière. En effet, selon l'observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), sur la période 2013-2017, 1779 personnes tuées dans des véhicules de tourisme, véhicules utilitaires, poids lourds ou autocars ne portaient pas leur ceinture, soit 22 % des personnes tuées pour lesquelles le port de la ceinture est renseigné. Sur la même période, l'ONISR relève que parmi les occupants ceinturés impliqués dans un accident corporel, seuls 2 % sont tués alors que cette part est de 20 % parmi ceux dont la ceinture n'est pas ou mal attachée.