Didier Guillaume,
Ministère de l'agriculture et de l'alimentation •
1 févr. 2022La crise sanitaire a eu des impacts importants pour de nombreuses filières agricoles et agroalimentaires, et notamment pour les filières animales, lait et viande. L'ensemble du Gouvernement, dont le ministère de l'agriculture et de l'alimentation, s'est pleinement mobilisé pour suivre l'évolution de la situation et apporter les solutions appropriées le plus rapidement possible, avec le double objectif de soutenir à la fois de manière transversale et ciblée ces filières, qui maillent l'ensemble du territoire, et dont la production est souvent issue de très petites entreprises (TPE) et de petites et moyennes entreprises (PME). Le Gouvernement a ainsi annoncé des mesures immédiates de soutien, dont ont pu bénéficier les exploitations agricoles et les entreprises de transformation, notamment les TPE et PME, dès leur mise en place. Le détail de ces mesures, et notamment dans leur définition la plus à jour, est disponible sur le site du ministère de l'économie et des finances « www.economie.gouv.fr/coronavirus-soutien-entreprises ». Conscient que des difficultés de trésorerie pourraient perdurer, le Gouvernement a prolongé les prêts garantis par l'État (PGE) jusqu'au 30 juin 2022. Parallèlement, des mesures ciblées ont été déployées, tant en s'appuyant sur les outils européens de gestion des marchés que sur des soutiens nationaux. L'aide au stockage privé, en particulier pour les filières laitière et fromagère et pour les viandes ovine et caprine a pu être mise en place pour pallier la baisse de consommation de certains produits animaux connaissant habituellement un pic à la période de Pâques et plus généralement la baisse de consommation en période de confinement du fait de la fermeture de la RHD. L'activation de l'article 222 du règlement UE n° 1308/22013 a permis aux organisations interprofessionnelles et aux organisations de producteurs de mener des actions concertées en vue de contribuer à la stabilisation des marchés. Pour les filières d'élevage de volailles, une enveloppe de 3 millions d'euros (M€) a été débloquée. Pour la filière chevreau, c'est au total 1,2 M€ qui aura été mobilisé. Afin de répondre à la situation d'urgence des éleveurs de la filière bovin viande les plus en difficulté, la mobilisation d'une enveloppe pouvant aller jusqu'à 60 M€ permet d'aider les exploitants qui ont subi des pertes en commercialisant des jeunes bovins et des broutards à un cours dégradé en 2020. La filière fait aussi partie des bénéficiaires des prises en charge des cotisations octroyées par le ministère avec la mutualité sociale agricole, et dont l'enveloppe a été exceptionnellement portée cette année à 45 M€. Par ailleurs, le ministre chargé de l'agriculture salue la mobilisation des professionnels, à tous les niveaux des filières : elle a permis tant de maintenir la diversité des produits proposés aux consommateurs que de mettre en avant les productions françaises, à travers des campagnes de promotion qui ont largement contribué à limiter l'impact du confinement sur les marchés (filière ovin viande notamment). Les ventes à la ferme et le développement de nouveaux circuits de commercialisation (drive…) ont aussi permis de trouver localement des solutions pour écouler les produits (caprin lait, ovin viande). Ces actions conjointes ont permis de limiter fortement les impacts négatifs de la crise sanitaire sur les filières animales dans la grande majorité des situations. Le Gouvernement, dont le ministère de l'agriculture et de l'alimentation, reste néanmoins très attentif à l'évolution globale de la situation comme à celle de chacun des producteurs.