Delphine Gény-Stephann,
Secrétariat d'État, auprès du ministre de l'économie et des finances •
12 juin 2018Créé par la loi de modernisation de l'économie du 4 août 2008, le régime du micro-entrepreneur (ex-auto-entrepreneur) a pour ambition de lever, par des formalités allégées, les freins sociaux, culturels et administratifs à la création d'activités et à l'entreprenariat. Un des principes essentiels en est : « pas de chiffre d'affaires : pas de paiement ». Ce régime a contribué, indéniablement, depuis son entrée en vigueur, à dynamiser la création d'entreprises, avec plus d'un million de micro-entrepreneurs en activité à ce jour. Depuis plusieurs années, le législateur a harmonisé le régime du micro-entrepreneur et celui des entrepreneurs individuels de droit commun, avec un double objectif : d'une part, maintenir des modalités simplifiées de calcul et de prélèvement des cotisations et contributions sociales et, d'autre part, éviter les distorsions de concurrence entre les différents acteurs économiques. Ainsi, le niveau des impôts et des contributions et cotisations sociales du micro-entrepreneur a convergé vers celui des autres entrepreneurs. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2013 a posé le principe d'équivalence entre le taux des cotisations et contributions sociales du régime du micro-entrepreneur et le taux des cotisations et contributions sociales du régime de droit commun des travailleurs indépendants. Dans la même perspective, l'exonération de contribution à la formation professionnelle a été abrogée par la loi de finances pour 2011 et celle concernant les taxes pour frais de chambre par la loi du 18 juin 2014 relative à l'artisanat, au commerce et aux très petites entreprises. De plus, les micro-entrepreneurs sont désormais assujettis à la cotisation foncière des entreprises (CFE) dans les mêmes conditions que les autres entreprises, depuis la loi de finances pour 2014. La loi du 18 juin 2014 a en outre rétabli le caractère universel de l'immatriculation, en étendant l'obligation à tous les micro-entrepreneurs, qu'ils soient artisans ou commerçants, et que leur activité soit exercée à titre principal ou complémentaire. Le gouvernement reste attentif à ce que les différents régimes en vigueur accompagnent la création d'entreprise et d'emplois en France.