Vincent Jeanbrun,
Ministère de la ville et du logement •
3 févr. 2026La mise en place, en 2023, des centres d'accueil temporaires en région, dits sas, s'est inscrite dans un contexte de forte pression sur les dispositifs d'hébergement généralistes et spécialisés en Ile-de France et a permis la prise en charge organisée des personnes dans d'autres régions. Les sas mis en place visent l'hébergement de personnes sans-abri, volontaires pour être hébergées en dehors de l'Ile-de-France. A ce titre, l'information des personnes dans un contexte parfois contraint par le caractère d'urgence des opérations constitue un enjeu clé pour garantir leur adhésion. Le renforcement de la collaboration et du travail de conviction auprès de plusieurs partenaires associatifs a contribué à faire des sas un dispositif bien identifié, notamment des familles, qui représentent près de 54 % des personnes orientées en 2024. L'objectif est avant tout de permettre la mise à l'abri de personnes très vulnérables et leur réinscription dans un parcours d'insertion dans des régions d'accueil. Dans le cadre de ce dispositif, les personnes sont accueillies dans des lieux d'hébergement gérés par des associations mandatées par l'Etat, qui ont été consultées pendant l'élaboration du dispositif. Elles bénéficient de l'appui de travailleurs sociaux professionnels pendant leur séjour afin de garantir la continuité de leur prise en charge. Ces sas permettent ainsi d'apporter des réponses adaptées à des personnes volontaires en situation de grande détresse sociale, en complément des dispositifs d'hébergement de droit commun : D'un point de vue de l'hébergement : à l'issue des trois semaines en sas, lors desquelles est réalisée une évaluation sociale, administrative et sanitaire des personnes orientées, des propositions d'orientations sont formulées au sein de la région d'accueil. D'un point de vue administratif, avec un travail de résolution des situations administratives des personnes qui ont la possibilité de prendre connaissance de dispositifs et démarches : protection internationale, demande d'asile ou de régularisation. D'un point de vue social et sanitaire : dans certaines régions, l'hébergement permet l'identification et la prise en charge de problématiques de santé. En décembre 2024, près de 6 350 personnes avaient été orientées vers ces centres régionaux d'accueils. Après leur prise en charge, 31 % des personnes ont fait l'objet d'une orientation vers le dispositif national d'accueil, 47 % dans un dispositif d'hébergement généraliste et près de 7 % vers d'autres solutions (logement, centre provisoire d'hébergement pour les publics réfugiés, programmes emploi logement). 14 % des personnes ont quitté volontairement leur hébergement à l'issue de la période des 3 semaines et moins d'1 % est sorti sans solution. Le dispositif a fait l'objet de plusieurs réunions de concertation associant les opérateurs associatifs en charge de sa mise en œuvre. Ces efforts s'inscrivant plus largement dans une dynamique positive engagée par le Gouvernement depuis plusieurs années. En effet, depuis 2017, la dépense sur le programme budgétaire 177 a augmenté de près de 60 %. Sur la même période, les capacités d'accueil au sein du parc d'hébergement généraliste ont augmenté de 35 %. L'engagement de l'État dans la lutte contre le sans-abrisme s'est également traduit par une forte augmentation des moyens pour le logement adapté (+ 104 %) et la veille sociale (+ 74 %), dans le cadre du déploiement du plan Logement d'abord. Pour 2025, le parc d'hébergement généraliste a été maintenu à un niveau historiquement élevé de 203 000 places afin d'assurer au mieux la prise en charge des publics les plus vulnérables, notamment les familles avec enfants. Pour 2026, cette ambition est poursuivie afin de maintenir le nombre de places à iso-périmètre en complément d'une augmentation budgétaire inscrite au PLF 2026 de +110M€ sur le programme 177, traduisant un effort substanciel dans la période budgétaire actuelle et l'engagement du Gouvernement pour venir en aide à nos concitoyens les plus fragiles.